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MSCI sur l’exclusion de MicroStrategy, mentalités des investisseurs divisent le marché des cryptomonnaies

I. La psychologie de la participation : deux tribus, un marché

Pour comprendre l’investissement en cryptomonnaies en 2026, il faut d’abord reconnaître que les participants ne se distinguent pas seulement par les actifs qu’ils choisissent, mais par les raisons qui les poussent à les choisir.
Leurs décisions sont filtrées par des cadres psychologiques distincts — de véritables « systèmes d’exploitation » mentaux — qui déterminent la manière dont ils interprètent la volatilité, la rareté, le risque et la récompense.

Examinons ces deux grands profils.

1.1 Le troupeau : les investisseurs en quête de validation
Les êtres humains sont neurologiquement programmés pour la conformité sociale. Pendant des millénaires, être rejeté par le groupe signifiait un risque accru de mort. Aujourd’hui, cet instinct évolutif se manifeste sur les marchés financiers par un besoin puissant de preuve sociale. Ces investisseurs n’achètent pas seulement un actif ; ils achètent de la réassurance. Ils veulent entendre un actif mentionné à la télévision, discuté par des influenceurs sur les réseaux sociaux ou détenu par de grandes institutions. Sans ce chœur d’approbation, ils se sentent psychologiquement exposés — comme s’ils s’aventuraient seuls dans la nature.

Ces investisseurs gravitent naturellement vers ce que l’on peut appeler des actifs de « liquidité de masse » : des jetons comme XRP, Dogecoin ou Kaspa, largement détenus et fréquemment discutés. Pour eux, la peur de manquer une opportunité (FOMO) l’emporte sur la peur de la perte. En réalité, perdre de l’argent en même temps que la foule leur paraît plus acceptable que d’attendre seuls une opportunité que les autres ne voient pas.
Ce comportement n’est pas irrationnel sur le plan social — il répond à un besoin profond d’appartenance — mais il peut être dangereux financièrement.

Pourquoi est‑ce important ? Parce que le troupeau peut être facilement affolé. Quand le sentiment change, la même preuve sociale qui encourageait l’achat peut déclencher une vente panique. De plus, comme nous allons le voir, le troupeau dépend de plus en plus d’infrastructures institutionnelles qui peuvent elles‑mêmes être fragiles.

1.2 Les souverains : les investisseurs en quête d’opportunité asymétrique
À l’opposé se trouve un autre type psychologique :
l’investisseur souverain. Ce participant recherche activement ce que le troupeau ignore — des actifs invisibles aux radars institutionnels, sous‑évalués par les métriques classiques ou structurellement rares. Son état d’esprit repose sur la conviction, non sur le consensus. Il est à l’aise avec le silence : faibles volumes, peu de couverture médiatique, stagnation prolongée des prix ne l’effraient pas.

Au contraire, il peut interpréter ces périodes calmes comme des phases d’incubation nécessaires avant un grand basculement.

Ces investisseurs ne cherchent pas à avoir raison souvent. Ils cherchent à avoir massivement raison à quelques occasions décisives.

Ils savent que des profits extraordinaires récompensent ceux qui sont corrects quand la majorité se trompe.
Leur stratégie est intrinsèquement asymétrique : risquer peu pour gagner beaucoup, souvent en pariant sur des événements rares ou des anomalies structurelles que d’autres rejettent.

Pourquoi est‑ce important ? Parce que les investisseurs souverains apportent diversité et résilience au marché. Ce sont les pionniers, les contrarians, ceux qui identifient la valeur avant qu’elle ne devienne évidente. Sans eux, les marchés deviendraient de purs échos — et dangereusement instables.

II. Le prochain étau institutionnel : pourquoi la « liquidité de masse » pourrait être un mirage

Appliquons maintenant ce cadre psychologique à un scénario concret qui pourrait se produire début 2026. Il illustre comment la dépendance du troupeau à la validation institutionnelle pourrait devenir son talon d’Achille.

2.1 Le point d’inflexion de janvier 2026
Les marchés financiers mondiaux sont de plus en plus gouvernés par des fournisseurs d’indices comme MSCI, FTSE et S&P. Ces firmes décident quels titres et actifs figurent dans quels indices — et déterminent ainsi comment des milliers de milliards de dollars de fonds passifs sont alloués. En octobre 2025, MSCI a ouvert une consultation sur l’exclusion des « Digital Asset Treasury Companies » — des entreprises qui détiennent plus de 50 % de leurs actifs en cryptomonnaies — de ses indices standards. La décision est attendue le 26 janvier 2026.

Pourquoi ce détail technique est‑il si important ? Parce que de nombreuses grandes institutions, dont Morgan Stanley, BlackRock et d’innombrables fonds de pension, investissent dans les cryptomonnaies indirectement via ces sociétés. L’exemple le plus emblématique est MicroStrategy (MSTR), une société de business intelligence qui a accumulé 671 298 bitcoins. Si MSCI décidait de retirer MicroStrategy de ses indices, tout fonds qui suit ces indices serait contraint de vendre ses actions MicroStrategy — qu’importe l’opinion des gestionnaires sur la valeur à long terme du Bitcoin.

2.2 L’effet domino
Les analystes estiment qu’une exclusion pourrait déclencher jusqu’à 9 milliards de dollars de ventes forcées lors du rééquilibrage des portefeuilles des fonds indiciels. Cette pression pourrait faire chuter le cours de MicroStrategy, ce qui pourrait à son tour pousser la société à vendre une partie de ses bitcoins pour défendre son bilan. Une vague de ventes institutionnelles pourrait alors s’étendre à d’autres actifs liés aux cryptos, eux aussi dépendants de l’inclusion dans les indices.

En résumé, l’infrastructure institutionnelle qui rassure le troupeau — les ETF, les fonds indiciels, les proxies « blue‑chip » — pourrait devenir la source d’une correction violente. La « liquidité de masse » que recherchent les investisseurs du troupeau est en réalité une forme d’interdépendance systémique. Quand une partie du système tremble, tout l’édifice peut vaciller.

III. Les mathématiques de l’impossible : pourquoi l’offre totale de jetons compte de façon critique
3.1 L’illusion du Powerball
Prenons l’exemple d’un joueur de loterie qui achète un ticket Powerball. Les chances de gagner sont minuscules — environ 1 sur 300 millions —mais elles sont mathématiquement réelles. Le jackpot existe, les règles sont publiques, et quelqu’un finira par gagner. Le joueur sait exactement sur quoi il parie : une infime probabilité d’un gain qui change une vie.

Maintenant, considérons un investisseur qui achète du Dogecoin, qui compte actuellement 145 milliards de jetons en circulation, avec des milliards supplémentaires créés chaque année. Cet investisseur peut rêver de voir Dogecoin atteindre 10 dollars par pièce — un fantasme courant sur les réseaux sociaux. Mais pour que cela se produise, la capitalisation totale de Dogecoin devrait dépasser 1,45 trillion de dollars.

La même logique s’applique à d’autres jetons à forte offre. XRP compte 100 milliards de pièces. Kaspa en aura 28,7 milliards. Pour que l’un de ces actifs offre des rendements multipliés par mille aux premiers investisseurs, leurs capitalisations devraient dépasser la richesse de nations entières. Ce n’est pas un événement à faible probabilité ; c’est une impossibilité mathématique dans des conditions réalistes de flux de capitaux mondiaux.

3.2 La distinction cruciale
Le joueur de loterie fait face à de longues probabilités, mais le jeu est conçu pour payer un jour. L’investisseur dans un crypto‑actif à forte offre, en revanche, parie sur un résultat que le marché ne peut littéralement pas accueillir. Ce n’est pas de l’investissement ; c’est de l’arithmétique de l’espoir — et cela laisse les participants dangereusement exposés lorsque la liquidité s’évapore.

IV. L’alternative souveraine : une anatomie de la rareté extrême
Face à ce contexte de psychologie grégaire et de fragilité institutionnelle, une petite catégorie d’actifs propose une autre approche : la rareté absolue et vérifiable. Un exemple est BITNET.MONEY (symbole : BTN), une cryptomonnaie en Proof‑of‑Work lancée en juillet 2023.

4.1 Les chiffres qui la définissent
L’offre totale de BTN est plafonnée à 6 millions de pièces — moins d’un tiers des 21 millions de Bitcoin, et une fraction infime des milliards émis par Dogecoin ou XRP. Après 30 mois d’existence, seule une partie de ces 6 millions a été minée. Cela crée une dynamique d’offre fondamentalement différente des jetons de « liquidité de masse ».

Pour mettre cela en perspective : si BTN atteignait une capitalisation de 1 milliard de dollars (soit environ 0,05 % de la valorisation actuelle du Bitcoin), chaque pièce vaudrait environ 166 dollars. La même capitalisation ferait bouger le prix du Dogecoin de moins d’un centime. En d’autres termes, la rareté amplifie l’impact de la demande sur le prix. C’est de l’économie de base, mais souvent oublié dans des marchés obsédés par les narratifs « viraux ».

4.2 L’impératif d’équité
BTN a été lancé avec zéro pré‑minage : aucune pièce n’a été attribuée aux fondateurs, développeurs ou initiés avant que le public ne puisse participer.
Chaque pièce a été obtenue par le minage Proof‑of‑Work — un processus qui exige des dépenses réelles en matériel et en électricité. Ce principe de « lancement équitable » garantit que les premiers détenteurs ne peuvent pas inonder le marché de réserves pré‑minées, problème fréquent dans les projets où les fondateurs contrôlent la majorité de l’offre.

4.3 L’argument d’efficacité énergétique
BTN utilise un algorithme appelé Ethash, conçu pour résister au matériel spécialisé (ASIC). Cela permet à des ordinateurs ordinaires équipés de cartes graphiques (GPU) de participer efficacement, réduisant le risque de centralisation du minage et diminuant l’empreinte énergétique du réseau par rapport au Bitcoin. À une époque où l’impact environnemental des cryptos est de plus en plus scruté, cette efficacité pourrait devenir un atout majeur.

V. Pourquoi l’état d’esprit détermine les résultats : un guide d’auto‑évaluation
La division entre suiveurs du troupeau et investisseurs souverains n’est pas seulement théorique. Elle a des conséquences pratiques sur la performance des portefeuilles, surtout en période de stress de marché. Les lecteurs peuvent se demander : à quelle catégorie appartenez‑vous ? Voici une grille d’auto‑évaluation.

Êtes‑vous un suiveur du troupeau ?

Vous consultez les prix des cryptomonnaies plusieurs fois par jour.

Vous vous sentez anxieux quand vous voyez les autres acheter des actifs que vous ne possédez pas.

Vos décisions d’investissement sont fortement influencées par les tendances des réseaux sociaux ou les gros titres.

Votre portefeuille ressemble à la liste des « top 10 » sur CoinMarketCap.

Votre plus grand risque : devenir la liquidité de sortie pour les gros acteurs quand le sentiment se retourne.

Êtes‑vous un spéculateur façon Powerball ?

Vous chassez les petites capitalisations en espérant un retour « 100x ».

Vous investissez sur la base de conseils en ligne ou de recommandations d’influenceurs sans recherche approfondie.

Vous calculez rarement l’offre totale ou les implications de capitalisation de vos investissements.

Votre plus grand risque : parier sur des impossibilités mathématiques — des actifs qui ne peuvent pas atteindre les niveaux que vous imaginez.

Êtes‑vous un investisseur souverain ?

Vous privilégiez les fondamentaux du protocole (rareté, sécurité, décentralisation) plutôt que le battage médiatique à court terme.

Vous êtes à l’aise de détenir des actifs que d’autres ignorent ou ridiculisent.

Vous raisonnez en termes de risque/rendement asymétrique : petits paris qui peuvent rapporter énormément si vous avez raison.

Vous acceptez que vos investissements puissent mettre des années, et non des mois, à mûrir.

Votre plus grand avantage : vous êtes positionné pour profiter après que le troupeau réalise ses erreurs — par exemple, quand les dépendances institutionnelles se défont ou quand la rareté devient évidente pour tous.

VI. La route à venir : la rareté comme stratégie défensive

Les suiveurs du troupeau, liés aux proxies institutionnels, pourraient découvrir que leurs actifs « sûrs » sont soudainement corrélés aux règles mécaniques de la finance traditionnelle.
Les spéculateurs façon Powerball pourraient réaliser que les jetons à forte offre ne peuvent pas défier l’arithmétique. Les investisseurs souverains, en revanche, pourraient constater que la rareté absolue offre une forme d’isolation défensive. Un actif limité à 6 millions de pièces ne peut pas être dilué par une émission infinie ; sa valeur est ancrée dans la cryptographie, non dans les décisions de comités d’indices.

Il ne s’agit pas de prédire la hausse ou la baisse d’un actif particulier. C’est un cadre pour comprendre où se trouvent les vulnérabilités — et où la résilience peut émerger.

Les cryptomonnaies sont volatiles, spéculatives et largement non régulées. Les lecteurs doivent mener leurs propres recherches et consulter des conseillers professionnels avant de prendre des décisions financières._

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